
Aujourd’hui, trois sociétés concentrent près de 90 % des dépenses des entreprises en IA générative. Entraîner un modèle de nouvelle génération coûte plus de 500 millions de dollars. Les chercheurs, ingénieurs et annotateurs qui améliorent ces modèles ne reçoivent presque rien de la valeur qu’ils créent. Pour l’Afrique, c’est le scénario du cacao contre le chocolat, appliqué à l’intelligence.
J’ai conçu Ankh AI pour proposer une autre voie : un protocole ouvert où le calcul, les talents et les données convergent pour produire des modèles d’IA détenus par tous et contrôlés par personne. Le nom vient de l’ankh, le symbole égyptien de la vie.
Trois piliers, une seule coordination
- Le calcul : du data center professionnel au particulier équipé d’une carte graphique, chacun peut prêter sa puissance de calcul. L’entraînement distribué s’appuie sur des protocoles de type DiLoCo, conçus pour des réseaux à faible bande passante.
- Les talents : chercheurs, ingénieurs, annotateurs et auditeurs de sécurité contribuent et sont récompensés selon l’utilité réelle de leur apport. Leur réputation est inscrite dans des jetons non transférables (Soulbound Tokens).
- Les données : les fournisseurs de corpus gardent la trace de leurs apports et perçoivent des royalties programmables, tant que le modèle les utilise.
Faire confiance sans intermédiaire
Comment vérifier qu’un nœud a vraiment fait le calcul promis ? Ankh AI combine trois mécanismes : des preuves à divulgation nulle de connaissance (zk-SNARK) pour l’inférence, une vérification optimiste qui laisse une fenêtre de contestation, et un échantillonnage aléatoire des tâches. Le tout tourne sur une blockchain dédiée construite avec Cosmos SDK, et la gouvernance est confiée à une DAO.
Pourquoi c’est un projet africain
Dans Les Bâtisseurs d’Intelligences, je défends l’idée que l’Afrique doit produire son intelligence au lieu de la consommer. Ankh AI en est une traduction technique : un étudiant de Douala, un laboratoire de Nairobi ou un ingénieur de la diaspora peuvent participer à la création d’un modèle de fondation et en partager la valeur. C’est aussi un moyen concret de construire le grand modèle de langue africain que j’appelle de mes vœux.
Le livre blanc complet (71 pages, en français) et l’article de recherche (en anglais) sont disponibles au téléchargement :
- Ankh AI, livre blanc v1.0 (PDF, FR)
- Ankh AI: A Decentralized Protocol for Collaborative Artificial Intelligence (PDF, EN)
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